Se raconter pour sensibiliser
Je m’appelle Amélie RENAUD. Je suis une femme en situation de handicap. Mais ce n’est ni une identité unique, ni un point de départ.
Mon histoire ne commence pas avec un accident de la route. Encore moins avec un fauteuil roulant. Elle commence bien avant, dans ce qui n’avait alors pas de nom : un trouble bipolaire accompagné d’un TDAH que j’ai mis plus de trente ans à identifier. J’ai longtemps navigué dans un monde où je ne rentrais dans aucune case. J’oscillais entre lucidité et chaos, entre force de vivre et fatigue d’exister.
Il y a effectivement eu la bascule. L’accident. La rééducation. Le fauteuil. Le monde des valides qui s’éloigne. Le corps qui change de statut : de terrain intime à objet de soin puis sujet social. J’ai compris qu’il ne suffisait pas de “s’adapter”. Il fallait aussi raconter, réinterpréter, reprendre possession.
Aujourd’hui, je travaille sur ce croisement entre l’intime et le politique. J’interviens en tant que militante, facilitatrice, intervenante auprès d’associations, d’institutions, de professionnel·les, de publics jeunes ou adultes. Je développe des projets qui touchent entre autre à l’estime de soi, à la sexualité, à la santé mentale, à la représentation des corps marginalisés et à l’invisibilisation des femmes porteuses d’un handicap. Mon approche croise les expériences intimes et les luttes collectives, avec une attention particulière portée à l’intersectionnalité, au validisme et à l’autodétermination.
Apprendre pour affirmer sa posture
Formée à l’animation de groupes d’expression sur la vie intime, affective et sexuelle des personnes en situation de handicap (CERHES 2013), je formalise mon expérience en obtenant le DU « Personne Experte en Situation de Handicap » délivré par l’université Paris Diderot en 2020.
Je suis également facilitatrice de résilience (POSITRAN 2022) et praticienne narrative (Le Laboratoire Narratif 2022).
S’engager pour reprendre sa place

Après l’accident, j’ai traversé une longue période d’isolement durant laquelle je ne me sentais plus appartenir à la société. Devenir mère m’a donné la force de « revenir au monde » et je me suis tournée vers l’association APF France handicap que j’ai représenté au niveau départemental jusqu’en 2018.
Parallèlement j’ai créé ma propre structure, AREFH (Association pour la Reconnaissance et l’Epanouissement de la Femme en situation de Handicap), et contribué à la naissance de l’APPAS (Association Pour la Promotion de l’Accompagnement Sexuel).
Je suis aujourd’hui très heureuse de lancer ma propre entreprise tout en continuant mon engagement associatif en tant que présidente de l’association À Corps de Soi, ambassadrice d’Intimagir Grand Est et partenaire de La Cité des Lionne et du labo indigo.
