Aujourd’hui 20 novembre, nous honorons le Transgender Day of Remembrance (TDoR) traduit en français par Journée internationale du souvenir trans.

Cette journée est un jour de deuil, un jour de colère, un jour de lutte. Un jour où l’on prononce les noms de celles et ceux qui ne sont plus là, qui ont perdu la vie par la transphobie et la haine. Un jour où la lumière se fait crue sur la réalité : être une personne transgenre dans le monde c’est encore au risque de sa vie. Et être une femme transgenre, racisée, migrante et/ou en situation de handicap, c’est un risque décuplé — parce que les violences s’additionnent, se superposent, se renforcent.
Si je prends la parole aujourd’hui sur ce sujet, c’est aussi parce que je le vis. Je suis la mère d’un jeune homme trans et je sais ce que signifie aimer un enfant dans une société qui ne lui veut pas toujours du bien. Je sais l’inquiétude sourde, la peur qui vous prend aux tripes, celle qui se glisse dans les interstices :
Sera-t-il en sécurité ?
Sera-t-il reconnu pour qui il est ?
Sera-t-il respecté, soigné, protégé ?
Sera-t-il vivant demain, dans un mois, dans un an ?
Avoir été choisie par un enfant transgenre, c’est apprendre à être un rempart. Un refuge. Une voix. Et c’est aussi apprendre que ce n’est pas à nos enfants de se rendre acceptables. C’est à la société de devenir enfin digne d’eux. Et en tant que femme en situation de handicap, je sais ce que signifie exister dans un système qui vous regarde comme “à part”.
Les violences transphobes ne sont pas un mythe : ce sont des réalités de terrain, des refus de soins, des “vous comprenez, ici on ne fait pas”, des portes qui se ferment, des administrations qui compliquent, des institutions qui ne savent pas, ne forment pas, ou ne veulent pas voir. Le TDoR est un moment de responsabilité collective, un rappel que nos dispositifs, nos pratiques professionnelles et nos postures doivent être revus, corrigés, transformés.
Se souvenir, c’est bien. Agir, c’est indispensable.
Alors ce 20 novembre je choisis la mémoire et le combat.
Pour mon fils.
Pour toutes les personnes transgenres.
Pour toutes celles et ceux que la société tente encore de faire disparaître.
La transphobie tue.
La solidarité et l’amour sauvent.
Maintenant.
Ensemble.
