Bipolarité et TDAH : quand les diagnostics se croisent

🧠 Aujourd’hui, c’est la Journée nationale de sensibilisation au TDAH. Et cette journée me touche de très près. Parce que c’est une réalité que je vis au quotidien. Pas seulement dans mon propre corps mais aussi dans mon foyer.

💥 Je partage mon quotidien avec un adulte et une ado qui ont un TDAH avec trouble de l’opposition avec provocation (TOP).
Autant dire que les matins sont sportifs, les discussions intenses, et la cohabitation… stimulante.
Quant à moi, diagnostiquée bipolaire à 45 ans après des années à ne pas comprendre pourquoi je fonctionnais « autrement », pourquoi j’étais épuisée, instable, ultra-réactive, souvent submergée et en sur-adaptation permanente. Ce que j’ai découvert depuis, c’est que le trouble bipolaire et le TDAH ne sont pas si éloignés. Et parfois, ils cohabitent…

👉 Le TDAH et la bipolarité partagent certains traits :
– des difficultés d’attention et de concentration
– des impulsions incontrôlées
– des émotions qui débordent
– une fatigue mentale constante
– une difficulté à rester dans les clous

🛑 Mais il y a des différences fondamentales.
=> Le TDAH est un trouble neuro-développemental, souvent présent dès l’enfance. Il est constant, même si les manifestations peuvent évoluer avec l’âge.
=> La bipolarité est un trouble de l’humeur : elle se manifeste par des épisodes — de dépression, d’hypomanie ou de manie — entrecoupés de phases plus calmes. Ce n’est pas tout le temps, mais quand ça arrive, ça bouleverse tout.

Certaines personnes vivent avec un double diagnostic. C’est mon cas. Les recherches le confirment : une proportion importante de personnes bipolaires ont aussi un TDAH non détecté. Et beaucoup de personnes TDAH passent des années sans savoir que ce qu’elles vivent porte un nom.

La cohabitation avec deux TDAH-TOP, c’est apprendre à :
– désamorcer les colères sans s’effondrer
– poser des limites mouvantes, avec une souplesse qui frôle l’acrobatie
– gérer trois fonctionnements différents en simultané
– faire de la maison un espace où chacun·e peut être soi.

C’est aussi apprendre à s’aimer dans le chaos, à créer des routines qui tiennent la route, à rire quand tout part en vrille et à reconnaître que la neurodiversité n’est pas un caprice mais une autre façon d’être au monde.

🎯 Ce que je retiens aujourd’hui
– Le TDAH ne se voit pas, mais il structure tout.
– Il n’est pas une excuse, mais un cadre de compréhension.
– Il est souvent mal compris, surtout chez les filles.
– La coexistence de plusieurs troubles mentaux chez une même personne ou dans une même famille est bien plus fréquente qu’on ne le pense.

💬 À toutes celles et ceux qui vivent cette situation :
– Non, ce n’est pas « dans votre tête ».
– Non, ce n’est pas juste une question de volonté ou d’éducation.
– Oui, vous avez le droit de chercher des réponses.

🧡 Je pense à toutes les familles comme la mienne, aux femmes qui passent sous les radars, aux enfants qui explosent parce qu’ils ne sont pas entendus et à tous les cerveaux atypiques.